André Aliker

Journaliste engagé, martyr de la liberté d’expression en Martinique

Né en 1894 à Case-Pilote, André Aliker est une figure emblématique du journalisme d’investigation en Martinique. Son nom est à jamais associé à la lutte pour la vérité, la justice sociale et la liberté de la presse dans un contexte colonial marqué par les inégalités et les abus de pouvoir.

Issu d’une famille modeste mais instruite, il suit des études à Paris et devient enseignant avant de se consacrer pleinement au journalisme. Dès son retour en Martinique, il s’engage aux côtés du Parti communiste martiniquais, et devient le rédacteur en chef du journal “Justice”, organe de presse du parti. Il y mène un combat courageux contre les privilèges des grands békés, les fraudes électorales et la corruption locale.

Son nom reste lié à une affaire retentissante : en 1933, il publie une série d’articles révélant des irrégularités financières dans le cadre d’un procès entre la famille béké Borde et la compagnie d’assurances La Préservatrice. Ces révélations, basées sur des documents authentiques, dérangent les puissants et exposent Aliker à de graves menaces.

Le 11 janvier 1934, son corps est retrouvé ligoté, lesté et échoué sur une plage de la baie de Fort-de-France. Tout indique un assassinat, mais les circonstances de sa mort restent officiellement inexpliquées. L’affaire Aliker devient un symbole du silence imposé à ceux qui osaient défier l’ordre établi.

Sa mort brutale provoque une onde de choc dans toute la Caraïbe et la diaspora. André Aliker devient un martyr de la liberté d’expression, un homme dont le courage et l’intégrité continuent d’inspirer journalistes, intellectuels et militants.

Aujourd’hui, son nom figure parmi les grandes voix de la mémoire martiniquaise, celles qui ont payé de leur vie l’engagement pour la vérité.


La pensée de Matinik Sunugal à son sujet :

Dire la vérité, rien que la vérité, toujours la vérité, quoi qu’il en coûte.