Paulette Nardal

Pionnière de la négritude, intellectuelle et passeuse entre les mondes

Née le 12 octobre 1896 à Saint-Pierre, en Martinique, Paulette Nardal est l’une des grandes figures oubliées de la pensée noire francophone. Intellectuelle, écrivaine, traductrice, militante féministe et anticolonialiste, elle a joué un rôle fondamental dans l’émergence du mouvement de la négritude, bien avant qu’il ne soit théorisé par Césaire, Senghor et Damas.

Elle est la première femme noire martiniquaise à étudier à la Sorbonne, à une époque où cela relevait de l’exploit. À Paris, elle devient un pont entre les intellectuels noirs de la diaspora, accueillant dans son salon de Clamart des penseurs venus des Antilles, d’Afrique et des États-Unis. Ce salon littéraire devient un foyer de réflexion panafricain, nourri par les lectures, les traductions, les échanges culturels.

Paulette Nardal participe à la fondation de La Revue du Monde Noir en 1931, une publication majeure où s’expriment les premiers échos de la conscience noire internationale. Elle y plaide pour la reconnaissance des cultures africaines et afrodescendantes, pour une union des peuples noirs dans leur diversité, et pour le rôle des femmes dans cette émancipation collective.

Profondément croyante et engagée dans des cercles catholiques noirs, elle n’a jamais opposé spiritualité et engagement politique. Elle milite également pour les droits des femmes noires, bien avant que le féminisme caribéen ne soit nommé comme tel.

Si son rôle a été longtemps éclipsé, l’histoire lui rend désormais justice : Paulette Nardal n’était pas dans l’ombre des grands noms masculins de la négritude – elle en fut l’une des inspiratrices fondamentales.

Décédée en 1985, elle demeure aujourd’hui un symbole de transmission, d’élégance intellectuelle et de conscience en éveil.


La pensée de Matinik Sunugal à son sujet :

Ce que nous avons en commun, c’est notre histoire tourmentée.
Ce que nous devons construire ensemble, c’est notre dignité.