Médecin, homme politique et conscience morale de la Martinique
Né le 9 février 1907 à Fort-de-France, Pierre Aliker est l’une des figures les plus respectées de l’histoire contemporaine martiniquaise. Médecin, militant anticolonialiste, cofondateur du Parti Progressiste Martiniquais (PPM) et compagnon de route d’Aimé Césaire, il a consacré sa vie à la santé publique, à la justice sociale et à l’émancipation du peuple martiniquais.
Après des études de médecine brillamment menées en France, Pierre Aliker revient en Martinique, bien décidé à soigner les corps autant que les consciences. Il ouvre un cabinet à Fort-de-France, mais comprend vite que les maux de son île ne sont pas que médicaux : ils sont politiques, économiques et culturels.
En 1958, aux côtés d’Aimé Césaire, il fonde le PPM, un parti qui prône l’émancipation des Martiniquais dans le respect de leur culture, de leur dignité et de leur identité. À la fois stratège, orateur et homme de terrain, Aliker devient un pilier de la vie politique martiniquaise, toujours fidèle à une ligne d’intégrité et de service public.
Mais c’est aussi par sa droiture morale, son refus des compromissions et sa simplicité de vie qu’il gagne le respect de tous, même au-delà des clivages partisans. Homme d’engagement, il est aussi celui qui, dans sa jeunesse, avait pris la plume pour dénoncer le crime politique contre son propre frère, André Aliker, journaliste assassiné pour avoir révélé une affaire de corruption.
Pierre Aliker traverse le siècle sans jamais renier ses combats. Il épouse à 102 ans la militante Marcelle Landry, dans un geste symbolique et profondément humain. Il décède en décembre 2013, à l’âge de 106 ans, salué par l’ensemble de la classe politique, du peuple et de la diaspora antillaise.
Il laisse l’image d’un homme digne, libre, lucide, qui a mis sa vie au service des autres, avec une foi inébranlable dans la vérité, la justice et la responsabilité collective.
La pensée de Matinik-Sunugal à son sujet :
Le devoir d’un homme libre, c’est d’être utile à son peuple.
