Suzanne Roussi Césaire

Écrivaine, intellectuelle et éclaireuse de la pensée antillaise

Née le 11 août 1915, de la commune de Rivière-Salée en Martinique, Suzanne Césaire, née Roussi, est une figure majeure de la littérature et de la pensée antillaise. Une intellectuelle libre, critique, avant-gardiste, qui a profondément marqué le mouvement littéraire antillais de l’entre-deux-guerres.

Élève brillante, elle étudie à Fort-de-France, puis à Paris au lycée Fénelon, avant de fréquenter l’École normale supérieure de jeunes filles de Fontenay-aux-Roses. Elle y croise les surréalistes et découvre une littérature libératrice, portée par André Breton et les poètes de l’imaginaire insurgé. Elle décide de l’adapter à son propre monde : la Caraïbe.

De retour en Martinique, dans les années 1940, elle cofonde avec Aimé Césaire et d’autres intellectuels la revue Tropiques, publication audacieuse, poétique et engagée, qui deviendra un véritable manifeste de l’identité antillaise. Dans ses essais, Suzanne Césaire aborde avec une rare lucidité la question du colonialisme, de l’aliénation, de la langue, de la mémoire. Elle y défend une esthétique de la révolte et une vision de la culture antillaise profondément enracinée dans la complexité de ses origines africaines, européennes et indigènes.

Elle affirme la parole des femmes noires, dans un monde littéraire dominé par les hommes.

Elle publie sept essais entre 1941 et 1945 et ouvre la voie à une nouvelle manière de penser l’histoire, la créolité et la poésie du monde caribéen.

Suzanne Césaire meurt en 1966 à l’âge de 51 ans, dans une relative discrétion. Mais aujourd’hui, son nom s’inscrit avec force dans les cercles littéraires et militants : la femme qui écrivait la Caraïbe avec feu, finesse et audace retrouve enfin sa juste place dans la mémoire collective.


La pensée de Matinik-Sunugal à son sujet :

Notre devoir est d’inventer l’âme du pays.